Détendez-vous – portrait #1

SEMAINE DU SPORT AU FEMININ

Entre Julie, Sotteville-lès-Rouen et le sport, on pourrait presque dire que c’est une histoire d’amour, en tout cas de passion. Après une découverte de la gymnastique entre 6 et 8 ans, cette native de la ville croise la route du full-contact du côté de la salle Henri Gadeau de Kerville, et là, c’est le coup de foudre.

Sous la houlette d’un père entraîneur, elle a gravi les échelons jusqu’au niveau national, trouvant là une source d’épanouissement, de valorisation personnelle mais aussi de convivialité avec de nombreux amis qu’elle côtoie toujours. De fil en aiguille, elle a transmis sa passion aux enfants du Ludosport mais aussi lors de la soirée du sport Sottevillais pour des démonstrations d’Energy-full dont elle était également instructrice.

Professionnellement, après un passage par l’association du Pré de la Bataille aux côtés d’adultes déficients intellectuels, elle s’est découvert une vocation pour la sophrologie dont elle a fait un métier. D’ailleurs, sollicitée pour intervenir lors d’Un été au stade, elle a immédiatement répondu favorablement et a apprécié ces initiations en plein-air. Aujourd’hui, elle propose des séances de sophrologie dans son cabinet, à la Maison médicale des Bruyères mais aussi… en pleine nature. Ainsi, elle est à l’initiative d’un concept de Sophro-balade qu’elle entend bien décliner cet été pour les Sottevillais.

En attendant ce moment apaisant et ensoleillé, elle vous invite à trois rendez-vous spécialement conçus pour la semaine du sport au féminin 2021 à retrouver ici le samedi 6 mars, puis le mercredi 10 mars et enfin le samedi 13 mars.

 

 

Du 6 au 14 mars, retrouvez chaque jour un portrait de femme particulièrement investie dans le sport sottevillais.

Toutes les infos sur la semaine du sport au féminin sur ce lien.

 

Des échanges avant tout

PORTRAIT – DÉPART A LA RETRAITE

Catherine Levoy, infirmière libérale depuis 35 ans, s’apprête à tourner la page après une carrière bien remplie. L’heure de la retraite a sonné ; elle quittera officiellement ses fonctions le 1er juillet. « Tout cela est finalement passé très vite et je suis heureuse de mon parcours. Souhaitant apporter mon aide aux autres, ma vocation est née très tôt. J’ai fait mes études d’infirmière sur Rouen. Juste après mon diplôme, je suis partie travailler à l’hôpital de Garches, aux urgences ainsi qu’au sein du service réanimation. Je suis ensuite revenue et j’ai intégré l’hôpital de Rouen. C’est la naissance de mon fils qui m’a amenée à choisir le libéral, pour éviter des horaires élastiques et ainsi avoir une plus grande stabilité familiale ».

Catherine a alors rejoint l’équipe d’un cabinet sottevillais et s’est rapidement épanouie dans ses fonctions. « Entre l’hospitalier et le libéral, le travail est bien différent. Les soins sont moins lourds, on est moins dans la technicité mais beaucoup plus proche des patients puisqu’on intervient à leur propre domicile. Pour certains, on fait un peu partie de la famille et c’est ce côté relationnel qui m’a toujours particulièrement plu. Et puis, le fait de ne pas être enfermée dans de grands bâtiments mais plutôt se déplacer aux quatre coins de la ville m’a toujours apporté une certaine sensation de liberté ».

En fonction des pathologies, Catherine noue des relations plus ou moins longues avec ses patients. « J’interviens aussi bien pour soulager un mal de dos, que réaliser un pansement d’ulcère, assurer des suites opératoires ou une ablation de fils, ou bien encore dans le cadre d’une chimiothérapie. La liste est longue, le métier est dur physiquement mais aussi mentalement, puisque j’assure aussi un accompagnement de malades en fin de vie, mais les échanges sont toujours riches. J’apporte mes soins et les gens m’apportent toujours en retour. Quand j’ai débuté, les aînés qui avaient l’âge d’être mes grands-parents m’ont beaucoup appris sur les choses du quotidien : cuisine, jardinage, bricolage… Des gens me conseillent des livres ou des films, me donnent des informations pratiques sur un nouveau magasin, ou partagent de véritables tranches de vie. Les anciens racontent notamment des anecdotes sur les modes de vie d’antan et évoquent le bombardement d’avril 44. J’ai toujours profité de ces enseignements, en composant avec mon planning. Je cours souvent tout en me montrant relativement disponible, même lorsqu’un voisin m’interpelle pour un petit conseil santé ou autre besoin ».

Au cours de sa carrière, Catherine a entretenu un bon relationnel avec la population sottevillaise, ainsi qu’avec l’ensemble des professionnels médicaux et paramédicaux. « Au passage, je tiens à souligner l’investissement du personnel du service de soins à domicile géré par la Ville. Outre leur gentillesse et leur disponibilité, ces aides-soignants nous apportent un précieux coup de main en assurant notamment les soins d’hygiène, dont les infirmières avaient généralement autrefois la charge ». Catherine termine cependant sur une note particulière en raison de la crise sanitaire. « Le confinement a évidemment changé notre manière de travailler. Prenant toutes les dispositions nécessaires pour éviter toute transmission lors de nos tournées, nous étions pour les patients l’unique visite et ils nous ont posé beaucoup de questions sur cette épidémie. Aujourd’hui encore, la prudence reste de mise et le contexte actuel m’empêche de faire un pot de départ comme je l’aurais initialement souhaité. J’informe mes patients actuels et les rassure puisque je vais passer le relais à une nouvelle collègue, et je profite donc de cet article pour remercier tous ceux que j’ai croisés pendant ces années ».

Dans une petite quinzaine de jours, Catherine Levoy fermera pour la dernière fois la porte du cabinet médical de l’avenue du 14 Juillet pour profiter pleinement de son temps libre. « Je n’ai pas de projet prédéfini, mais je vais pouvoir me consacrer davantage aux activités que je pratique : yoga, escalade et peinture. J’aime aussi voyager à la découverte des villes européennes et continuerai peut-être à m’investir d’une manière ou d’une autre. Je n’exclus pas l’idée de faire du bénévolat auprès d’une association ».

Parcours sécurisés

PORTRAIT – SANTÉ

Yoann Seigneur, médecin généraliste, exerce à son cabinet rue Benoît Malon depuis 2014. Dès les débuts de la crise sanitaire, ce docteur a vite pris conscience de certaines difficultés d’ordre pratique. « Cette situation inédite exigeait une organisation sans faille du cabinet médical pour garantir la sécurité de chacun, mais la gestion des flux s’avérait relativement compliquée en raison de la typologie des locaux. Nous avons la chance de ne pas avoir été parmi les départements les plus touchés, mais le risque de contamination était réel. Des patients qui devaient venir pour toute autre chose que le Coronavirus hésitaient d’ailleurs à venir consulter, par crainte de cet ennemi invisible. J’ai donc fait part de ce constat individuel et de mes préoccupations à l’Union Régionale des Médecins Libéraux de Normandie. C’est ainsi que je suis entré en contact avec le Dr Delphine Secret Pouliquen qui exerce dans la commune voisine de Saint-Étienne-du-Rouvray. Cette consœur avait déjà entrepris des démarches pour la création d’un centre Covid-19. Le projet était déjà bien avancé, avec une salle mise à disposition et du matériel sur place. Au lieu de multiplier les initiatives, nous avons décidé de mutualiser les moyens et je me suis ainsi greffé à cette action. Nous avons eu le soutien logistique des Villes de Sotteville-lès-Rouen et Saint-Étienne-du-Rouvray et nous avons sollicité nos collègues pour assurer le fonctionnement de ce centre adapté ».

Celui-ci a ouvert ses portes le 2 avril grâce à la mobilisation de 57 professionnels médicaux sottevillais et stéphanais, d’agents municipaux mais aussi de bénévoles. Près de 50 Sottevillais se sont portés volontaires suite à l’appel lancé par la Ville sur ses réseaux sociaux. « Un élan de solidarité a accompagné le mouvement. Les uns ont donné des équipements, les autres ont donné de leur temps et mis à profit leurs compétences. À ses débuts, le centre était uniquement dédié aux consultations de personnes présentant des symptômes liés au Covid-19, orientées par leur médecin traitant, par le 116 117, le 15 ou encore Sos médecins. Il était ouvert 7 jours sur 7 toute la journée, avec 4 personnes minimum sur place, dont 1 médecin. Ensuite, nous avons assuré des rendez-vous uniquement les après-midis et la cadence s’est encore progressivement réduite, tenant compte des besoins sur le terrain mais aussi des disponibilités plus limitées des membres du collectif médical dont le travail habituel a aujourd’hui repris à plein temps. Mais nous continuons et cela sera sûrement le cas durant tout le mois. Le centre s’est cependant diversifié pour assurer les tests sérologiques. C’est d’ailleurs ce versant de l’activité qui a motivé l’Agence Régionale de Santé à appuyer aujourd’hui le maintien de nos missions ».

Armés de masques et/ou visières, surchaussures et surblouses, les médecins ont exercé dans un environnement adapté et sécurisé. « Tout a été pensé en ce sens. Les cabinets de ville ne se prêtaient pas aussi bien à des dispositions aussi contraignantes, et cela a donc permis de les désengorger, rassurant au passage la patientèle habituelle. La sécurité était aussi maximale pour le personnel médical. Le résultat n’est pas quantitatif, car le nombre de patients est resté relativement limité puisque nous n’avons fort heureusement pas affronté la vague redoutée, mais bel et bien qualitatif. Les risques de contagion ont été drastiquement limités grâce à l’efficacité de ce dispositif mis sur pied en très peu de temps ».

Le Dr Seigneur rappelle que chacun doit rester vigilant et continue de privilégier la téléconsultation quand cela est possible. « Cette pratique, qui n’est pas encore ancrée dans les habitudes, a naturellement augmenté avec la crise sanitaire. Des dispositions de la Sécurité sociale ont notamment facilité cette solution à distance. Pendant cette période particulière, nous avons développé l’échange d’information avec les infirmières qui ont pris les constantes chez des patients, nous permettant de continuer le suivi de ceux habituellement vus à domicile sans prendre le risque d’aller chez eux et de les contaminer. De plus, le renouvellement d’ordonnances a pu être effectué par téléphone. L’adaptation a permis de faire front. Chacun retrouve désormais plus de contacts physiques, mais il convient de respecter les mesures dans l’intérêt collectif. Cette histoire n’est pas encore pour l’heure derrière nous et nous ne connaissons pas la suite… ».

Du cœur à l’ouvrage

PORTRAIT – COUTURIÈRE BÉNÉVOLE

Véronique Quibel est une jeune retraitée pleine d’entrain. Pour elle, pas question de rester les bras croisés face à cette crise sanitaire. Elle a donc décidé d’intégrer le collectif des couturières bénévoles qui font vivre l’opération « À vos masques, prêts, partez ! » initiée par la Ville. « Je suis très attachée à Sotteville-lès-Rouen. C’est ici que j’ai grandi et j’ai travaillé au service de la collectivité en qualité d’agent des écoles pendant 29 ans. J’adore le contact avec les autres et j’ai choisi d’agir pour aider ceux qui en ont besoin. De base, j’ai un CAP de couture et j’ai toujours utilisé ma machine à coudre pour divers travaux. Jamais de masques avant cela bien évidemment, c’est la nouveauté du moment ; il y a un début à tout ! »

L’ancienne employée municipale a gardé des contacts en mairie et s’est investie dès le lancement de l’appel aux bonnes volontés. « Je continue ainsi à conserver le lien tout en me montrant utile et en mettant à profit mon temps libre pour une bonne cause. Je suis très contente de contribuer à cette chaîne solidaire. Je vais en mairie lors des permanences destinées à retirer la matière première fournie par la Ville, à savoir le tissu et les élastiques, et à déposer les masques réalisés. Pour débuter, un modèle est fourni et on peut compter sur les conseils de la couturière municipale. Celle-ci contrôle aussi le travail fini que l’on rapporte, pour s’assurer que tout soit bien conforme aux recommandations Afnor que nous suivons ».

Véronique a intégré cette activité dans le quotidien de son foyer et s’organise pour garantir sa productivité. « J’ai confectionné une centaine de masques adaptés aux enfants et j’attaque maintenant une série pour les visages adultes. Je travaille à mon rythme. Le tout est de trouver la bonne méthode. Moi, je coupe tout avant d’assembler pour gagner du temps. Ce n’est pas très difficile en soi, c’est accessible à toute personne ayant les notions de base, mais il faut bien respecter toutes les étapes ».

62 autres couturières bénévoles s’investissent tout comme Véronique. Elles ont déjà réalisé 4 000 masques lavables distribués aux Sottevillais les plus vulnérables. Et même si le déconfinement est arrivé, elles ne relâchent pas leurs efforts. « On poursuit notre mission. Chacun veut profiter des libertés retrouvées, mais le virus est toujours là donc il faut rester prudent et prendre ses précautions. Ce n’est pas le moment de faire n’importe quoi car personne ne souhaite que l’épidémie ne reparte à la hausse ».

La Ville remercie ces bénévoles et tient à le faire savoir via une campagne d’affichage qui sera très prochainement installée aux quatre coins de Sotteville. L’occasion de rappeler que l’opération « À vos masques, prêts, partez ! » perdure et d’inviter tous ceux qui le veulent à rejoindre le collectif. Il n’est jamais trop tard pour bien faire : inscrivez-vous sur MonSotteville.fr.

Un conte moderne

VIE MUNICIPALE – PORTRAIT

Il était une fois cinq voix, qui avaient décidé de s’accorder pour offrir un bref instant d’évasion aux plus jeunes et à leurs parents. En cette période troublée, chaque sujet était prisonnier de son propre royaume. Elles décidèrent de s’affranchir de ces frontières par le biais d’un écran magique. Elles tournèrent les pages et firent défiler les images, sans même dévoiler leur visage. Ces fées mirent le ton et les formes pour vous faire vivre de grandes aventures, tantôt vous faisant parcourir le monde aux côtés d’une souris qui défie tous ceux qui veulent la croquer, tantôt vous invitant à rencontrer un drôle de monstre. Dans chacun des cas, la magie opéra…

Cette belle histoire, c’est celle de l’Heure du conte à la maison, un rendez-vous numérique proposé par la bibliothèque municipale. « Les premières bibliothèques ayant mis en place cette animation ont essuyé de vives réactions des éditeurs qui n’avaient pas été contactés et qui refusaient les diffusions en raison des droits d’auteurs. En nous appuyant sur ces retours d’expériences, nous avons pris toutes les précautions juridiques qui s’imposaient », introduit Sylvie Auzou, directrice de l’équipement culturel. Anne Molina, responsable de la section jeunesse, a établi une sélection d’albums et sollicité les éditeurs en vue de recueillir leur accord, bien souvent favorable mais accompagné de réserves concernant la durée de diffusion et autres mentions particulières. Cinq lectrices se sont rapidement portées volontaire pour prêter leur voix et filmer leur prestation. Leurs vidéos ont ensuite été diffusées sur le portail de la bibliothèque et sur la chaîne Youtube Mairie de Sotteville-lès-Rouen.

Carole Debroise et Sandrine Lebailly (intervenant d’ordinaire dans les bibliothèques-centres de documentation des écoles), Céline Montedori et Stéphanie Féret (que vous retrouvez à la bibliothèque municipale) ainsi que Delphine Dumont (qui vient à votre rencontre au volant du bibliobus) ont souhaité participer à ce projet pour garder un contact, même virtuel, avec le public mais aussi entre collègues. « C’est un travail d’équipe inédit. Partant de la liste des titres pour lesquels nous avions les autorisations, chacune a choisi des livres en fonction de ses goûts personnels et avant tout de leur succès auprès des enfants. Ceux que j’ai moi-même retenus me sont toujours très demandés dans les écoles », commente Sandrine. « J’ai misé sur le loup, un personnage toujours apprécié des enfants, dans un livre à bouger dans tous les sens au fil de l’histoire », indique Carole.

Un critère plus technique s’est aussi imposé : la lisibilité sur écran. Simplement équipées de téléphones portables, ces amatrices dans le domaine audiovisuel ont fait de leur mieux pour s’adapter au média vidéo. Elles ont cherché les meilleures conditions de tournage (lumière, calme…) et répété les prises pour vous raconter ces histoires. « Rencontrant un problème de son, j’ai fait un travail supplémentaire de doublage, enregistrant de nouveau le texte avec le micro de mon ordinateur puis synchronisant l’audio avec l’image après », explique Delphine. « J’ai  profité de mon jardin ensoleillé, mais le vent tournait parfois les pages à ma place », rapporte Céline. « J’ai eu droit à la visite du chat qui passe tranquillement ou qui s’installe carrément sur le livre ! », plaisante Sandrine. Serait-ce un chat pitre ? Et tout cela sans compter sur les enfants qui se mettent à faire du bruit ou le voisin qui bricole…

Leur bonne volonté est en tout cas payante. Le résultat fait maison – c’est le cas de de le dire ! – prend tout son charme, même s’il ne vaut pas celui d’une séance de lecture collective. A leur début, les conteuses ont été quelque peu désappointées par l’absence de public. L’interaction avec les enfants et les parents fait habituellement partie prenante de la prestation. Qu’à cela ne tienne, un subterfuge a pu être trouvé. « Seule dans mon salon, j’imaginais les réactions des enfants pour me motiver à lire l’histoire. Ces rires et ces yeux écarquillés quand nous lisons m’ont beaucoup manqué », reconnaît Stéphanie.

Les cinq agents ont démontré leur capacité d’adaptation et vous dévoileront bientôt de nouvelles vidéos, à découvrir confortablement installés chez vous. « Le plus important pour nous reste ce plaisir de transmission. Nous espérons que cette expérience rafraîchissante divertit les enfants et qu’ils nous raconteront à la réouverture comment ils l’ont vécue », concluent-elles en chœur.

Bibliothèque municipale, tél. 02 35 63 60 82.

En forme avec Lucci !

Depuis plusieurs semaines, il anime vos mardis, jeudis et samedis dans le cadre de la mise en place de la chaîne Youtube « En Forme avec Sotteville ». Athlète de haut niveau et volontaire, Luccioni Siegfried MVE que vous connaissez mieux sous le nom de Lucci, s’est mobilisé dès le début de la période de confinement afin de proposer à celles et ceux qui le souhaitent des instants d’évasion à travers le sport, le tout dans la bonne humeur.

 

« Je suis athlète en équipe nationale d’athlétisme gabonaise. D’abord étudiant en management du sport, je me suis orienté vers le coaching. » Licencié du Stade Sottevillais 76 depuis 2017, Lucci a débuté le sport pour une raison bien particulière. « C’est une recommandation de mon père. A 17 ans, le sport m’a permis de me canaliser dans mes études et ma vie en général. A cette période, je luttais contre la rue et je n’avais pas d’objectif particulier à atteindre. Ma grande sœur pratiquant le handball, j’ai donc moi aussi décidé de me lancer ». Et c’est justement dans le  lancer de poids et de disque que Luccioni décide de se spécialiser. « La polyvalence de la discipline m’a donné l’envie de pratiquer ce sport. Pour être un bon lanceur, il faut être vif, explosif et rapide ». Une combinaison que Lucci s’attache à reproduire dans les séances de sport qu’il propose en lien avec la Ville, et que pas moins de 1000 Sottevillais ont déjà suivi. En effet, Luccioni a su s’adapter afin de proposer des formats d’entrainements qui répondent à tous les niveaux. Ainsi « Les mardis cardio » sont davantage destinés aux adolescents et adultes en bonne conditions physique, « les Jeudis de la forme » proposent des séances de sport plus douces pour les séniors alors que « le Ludo forme » permet aux jeunes Sottevillais de continuer à s’épanouir dans le sport de manière ludique à l’image du dispositif municipal Ludosport. « Avant le confinement, j’étais souvent présent au stade et j’ai vu le nombre de personnes qui venait s’entrainer chaque jour. Avec la fermeture des espaces publics, j’ai tout de suite souhaité proposer des séances pour la Ville, une manière de lui rendre le soutien qu’elle apporte à l’ensemble de ses sportifs. L’idée de mettre en place une chaîne Youtube avait déjà germée avec le groupe de maintien que j’encadre au Stade Sottevillais 76 et c’est alors que j’ai voulu en faire profiter tous les habitants par solidarité».

 

Pour autant afin de proposer des séances de sport à la maison, Lucci a dû s’adapter. « J’ai, avec l’aide de ma compagne Coralleen, aménagé un espace dans l’appartement pour pouvoir dispenser les séances. Je prépare chacune d’entre-elles sur papier avant d’enregistrer. Ma petite fille de 13 mois ne peut malheureusement pas m’accompagner pendant les séances, mais les rapports que j’ai établi avec les enfants de l’école d’athlétisme me permettent de pouvoir réaliser des séances adaptées aux plus jeunes notamment. » Mais pour notre coach,  il était important d’étendre ces séances au plus grand nombre. « Je pense que le confinement a de manière radicale changé le quotidien des personnes qui le vivent. Cette situation a également créé en moi de multiples sensations désagréables (journées trop longues ; vivre dans le même cadre de manière monotone). Le fait de m’entrainer m’a permis d’apporter une bouffée d’air frais au mental. C’est cette onde positive que j’ai voulu partager avec tous les Sottevillais ».

 

Et cet investissement, les Sottevillais le lui rendent bien. Luccioni a eu des retours positifs, notamment de parents licenciés au Stade Sottevillais 76 avec qui il est en contact mais pas seulement. « Pour les autres séances, celles des seniors et des adultes, j’ai également eu de bons retours, ce qui est une véritable satisfaction ».

Alors si vous aussi vous souhaitez profiter d’une séance de sport à la maison, seul ou en famille, rendez-vous sur la chaîne Youtube « En forme avec Sotteville » !

 

 

De fil en aiguille

PORTRAIT – VIE MUNICIPALE

Pour débuter cette année, le Sotteville mag de janvier valorisait la créativité d’un agent de la Ville exerçant un métier devenu rare au sein des collectivités. Véronique Bougardier est en effet couturière municipale. Son carnet de commandes est bien chargé tout au long de l’année : confection de draps et doubles-rideaux pour les écoles, réparation de tenues de collègues des services techniques, création d’éléments pour diverses manifestations… Véronique cultive par ailleurs « l’esprit récup’ », donnant une seconde vie à diverses pièces et chutes de tissu qui se transforment en sacs, blouses, porte-doudous, bavoirs, gants de toilettes ou encore torchons. Mais s’il y a bien une chose qu’elle n’aurait jamais pensé produire un jour en telle quantité, il s’agit bien de ce fameux masque barrière qui fait l’actualité.

« En temps normal, je travaillerais sur l’élaboration de costumes qui devaient servir à des projets des structures petite enfance et de l’école municipale agréée de musique et de danse. Mais l’épidémie est arrivée et a stoppé net mon activité. J’ai cependant rapidement tenu à mettre mes compétences à profit et, suite à une discussion avec une infirmière libérale et à mon initiative personnelle, j’ai commencé à créer quelques masques en tissu, distribués entre autres par la suite à certains commerçants de mon quartier. Pour cela, j’ai suivi les recommandations Afnor pour assurer la qualité du produit fini, trouvant documentation et tutoriels sur internet. J’ai beaucoup de réalisations à mon actif mais je n’avais jamais confectionné ce type de masque ».

Très rapidement après le début de la période de confinement, la Ville a fixé un objectif ambitieux à notre couturière : la production de 2000 masques pour répondre aux besoins d’employés municipaux en première ligne ainsi qu’à ceux de publics fragiles. « J’ai quitté mon atelier du chantier municipal pour travailler à mon domicile. Ma machine à coudre professionnelle y a aussi temporairement trouvé refuge et j’ai emmené le stock de fournitures en ma possession : des élastiques, des tissus qui devaient initialement servir à la confection de draps, d’autres qui m’avaient été gracieusement donnés par des Sottevillais suite à l’article dans le bulletin municipal, et enfin des lavettes microfibres qui servent de filtre à l’intérieur du masque. Depuis, mes journées sont rythmées par la découpe et la préparation des différentes pièces requises, une étape assez longue, puis j’enchaîne avec la couture pour les assembler. En moyenne, j’en fabrique près d’une trentaine par jour. Je fais donc avec les moyens du bord. Pour l’heure, mes masques sont plutôt neutres, mais certains arborent quelques motifs comme des licornes roses. L’originalité du tissu apporte un peu de légèreté en cette période. En revanche, je vais bientôt commencer à manquer d’élastiques et nous entamons donc des recherches ».

Véronique travaille en profitant au maximum du soleil, investissant au choix sa terrasse ou sa véranda. « C’est plus agréable et ça fait du bien au moral. Je suis consciente que ma mission actuelle revêt une importance toute particulière et je mets tout en œuvre pour être la plus efficace possible. Le besoin est réel. J’ai même été sollicitée par deux établissements hospitaliers du secteur, l’un cherchant des masques, l’autre des blouses. Je n’ai cependant pas pu répondre favorablement à leur demande car j’ai déjà fort à faire, mais cela prouve que la mobilisation de toutes les bonnes volontés est plus que jamais nécessaire ! ».

A ce titre, la Ville compte sur vous et lance un appel à tous les doigts de fées. Vous savez coudre et êtes équipé du matériel nécessaire ? Vous avez envie d’agir pour le bien de tous ? Vous aussi, fabriquez des masques en tissu selon la norme Afnor. La Ville devrait prochainement s’approvisionner en matière première ; celle-ci sera fournie aux volontaires et les modalités de participation à cette grande chaîne de solidarité seront bientôt communiquées. Restez connectés afin de prendre connaissance de l’opération « A vos masques, prêts, partez ! ».

Le sourire avant tout

PORTRAIT – VIE MUNICIPALE

Les services municipaux se sont réorganisés pour assurer la continuité du service public et accompagner au mieux les administrés. Le télétravail s’est imposé pour un certain nombre d’agents municipaux, tandis que d’autres collègues continuent à occuper le terrain pour assumer les tâches essentielles.

Maillon indispensable entre les Sottevillais et la collectivité, les agents d’accueil de l’Hôtel de ville sont à leur poste. « Je travaille les lundis, mercredis et jeudis, et laisse la place à ma collègue Karine les mardis et vendredis », explique Catherine Douis. « Chaque jour, un agent d’un autre service (Nadège, Christelle, Laure du cabinet des élus ou encore Estelle de la direction de la communication) est à nos côtés pour nous épauler en lien avec un cadre administratif. L’organisation mise en place permet de faire face aux diverses sollicitations ».

L’accueil physique est assuré uniquement de 9h à 12h pour des publics très ciblés. Le guichet temporaire se situe à l’espace famille au rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville. Pour la sécurité des agents et celle des usagers, des dispositions à la fois efficaces et rassurantes ont été prises : pose d’une protection en plexiglas pour éviter le contact direct, ainsi que fourniture de gel hydroalcoolique et de masques. « Le fonctionnement des services est bien sûr restreint. Nous dirigeons les gens souhaitant déclarer une naissance ou un décès vers le service population, les personnes rencontrant des difficultés vers la direction de la solidarité et du Centre Communal d’Action Sociale, et enfin les Sottevillais concernés pour des démarches auprès du service cimetière. D’autres viennent chercher quelques exemplaires de l’attestation de déplacement dérogatoire. Nous en imprimons un petit paquet chaque matin et le mettons à disposition sur un présentoir. Ce sont les seuls cas pour lesquels les administrés sont aujourd’hui invités à se déplacer en mairie. L’après-midi, nous nous consacrons entièrement aux appels téléphoniques ».

La Ville reste en effet à votre écoute de 9h à 12h et de 14h à 17h au 02 35 63 60 60. « Il y a beaucoup d’appels, quelques habitants qui nous font part de situations personnelles compliquées et que nous orientons vers le CCAS, ainsi que de nombreuses interrogations sur des sujets du quotidien : les distributions de sacs de collecte de déchets, les marchés, le maintien de l’activité de tel ou tel service… Nous essayons d’apporter toutes les réponses mais cela suggère parfois de multiplier les recherches selon la nature de la demande. Nous avons établi un cahier de liaison pour transmettre toutes les informations aux collègues et assurer une bonne traçabilité. Dans tous les cas, nous tentons véritablement de faire au mieux et avec la plus grande réactivité. Heureusement, aujourd’hui, nous sommes relativement rôdés et équipés de nouveaux outils : la Ville a mis en place un support d’information précieux avec MonSotteville.fr, et s’est associée au Comité de Promotion des Marchés pour le dispositif Mon marché sottevillais à la maison. Beaucoup de questions trouvent aujourd’hui réponses avec ces deux initiatives », se réjouit Catherine.

Malgré le contexte actuel, que l’accueil soit physique ou téléphonique, Catherine met un point d’honneur à assurer ses missions avec le même sourire qu’à l’accoutumée. « Le sourire se voit, s’entend, et reste primordial pour satisfaire les demandes des usagers. La période est particulière mais il faut rester positif et garder le moral pour la rendre plus acceptable. D’une manière générale, je trouve que les gens font preuve de compréhension et se montrent agréables. C’est ce qui fait la valeur de notre quotidien professionnel  ».

Mairie de Sotteville-lès-Rouen, tél.  02 35 63 60 60

Courses solidaires

ENTRAIDE – PORTRAIT

Intermittente du spectacle, Emmanuelle Gastelais est actuellement au chômage technique. Tout en assurant l’école à la maison pour son fils, cette habituée du bénévolat et du volontariat a très rapidement cherché à aider les autres en mettant à profit ses compétences et son temps libre. « Tout le monde s’adapte et fait avec les moyens du bord, mais je suis bien consciente que certaines personnes rencontrent plus de difficultés. Il appartient à chacun d’apporter son soutien pour surmonter tous ensemble cette situation. J’ai décidé de proposer mes services dès que j’ai pris connaissance de la plateforme MonSotteville.fr. J’ai posté plusieurs annonces pour proposer de l’aide scolaire, des activités artistiques à faire chez soi ou encore récupérer des courses ».

De son côté, Lydie Lecollier, retraitée depuis peu de l’Agence Régionale de Santé, a très vite compris avec son mari Gérard qu’une aide serait la bienvenue pour faciliter leur quotidien en ce temps de confinement. « Dans notre couple, l’un est malvoyant, l’autre est non-voyant. Je préside d’ailleurs l’association Activités Sportives et de Loisirs pour Tous qui propose entres autres des séances ludiques de sensibilisation au handicap. Nous devions intervenir en mars auprès d’enfants de l’accueil de loisirs, mais ce n’est que partie remise… En cherchant sur Internet, nous avons découvert que la Ville mettait en place ce nouveau système d’entraide sur MonSotteville.fr. Nous nous sommes inscrits, appréciant au passage le fait que cette plateforme soit tout à fait accessible aux personnes atteintes d’une déficience visuelle. C’est ainsi que nous sommes entrés en relation avec Emmanuelle qui va aujourd’hui chercher nos courses au drive ».

Après un premier contact par mail, les deux parties ont procédé à un échange téléphonique pour poser les bases de leur « collaboration », et notamment définir les modalités visant à toujours respecter les consignes sanitaires en vigueur. « Nous nous sommes mis d’accord pour trouver une organisation très naturelle, sans contrainte ni périodicité prédéfinie. Ils savent que je suis là en cas de besoin et commandent des provisions en quantité suffisante pour ne pas trop me solliciter. Je les ai guidés pour qu’ils arrivent à faire leurs premiers achats via le système du drive. Ils ont ainsi gagné en autonomie et me passent un petit coup de fil au moment où ils s’apprêtent à valider le panier pour fixer le jour et l’horaire du retrait. Je récupère leur bon de commande sur le trajet du drive, charge leurs courses et les préviens quand je suis de retour en bas de leur immeuble pour qu’ils réceptionnent les sacs déposés. L’entente est cordiale et mon intervention est bien entendu tout à fait altruiste », précise Emmanuelle.

« Nous récupérons nos courses en gardant toujours les distances réglementaires. Emmanuelle est vraiment très sympathique, son aide et ses conseils sont précieux pour mieux vivre les choses. J’espère que nous continuerons à nous fréquenter dans de meilleures conditions lorsque tout cela sera passé », confie Lydie. Une perspective qui semble tout à fait partagée par Emmanuelle, « très contente d’avoir rencontré ce couple et de pouvoir les soutenir ». Pleine d’espoir, cette dernière cultive même une vision optimiste. « Cet exercice bouleverse notre quotidien, nous réinterroge et nous poussera peut-être à adopter de nouveaux modes de vie. Je pense que certaines personnes changeront leurs habitudes et souhaiteront développer encore plus le lien social ».

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